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Dégât des eaux : le délai de 5 jours ouvrés pour déclarer le sinistre à votre assurance
Délai de 5 jours ouvrés pour déclarer un dégât des eaux : fondement légal, constat amiable, convention IRSI et conséquences d'un retard sur l'indemnisation.
Par L'équipe éditoriale LettreClair — Rédaction et vérification des références légales.

Délai de déclaration sinistre dégât des eaux : que dit exactement la loi
Le point de départ du délai, c'est le jour où vous avez eu connaissance du sinistre, pas la date à laquelle la fuite s'est produite. Si vous rentrez de vacances et découvrez un plafond effondré, le compte à rebours démarre ce jour-là. Concrètement, le jour de la découverte ne compte pas : vous avez donc les cinq jours ouvrés suivants, soit du lundi au vendredi en excluant les jours fériés.
Ce délai minimal de 5 jours ouvrés est gravé dans l'article L113-2 (4°) du Code des assurances. Votre assureur peut contractuellement prévoir un délai plus généreux, jamais inférieur. Si votre contrat indique 10 jours, appliquez-le. En cas de silence du contrat, les 5 jours ouvrés s'imposent.
Un piège classique : compter en jours calendaires plutôt qu'en jours ouvrés. Sophie découvre une infiltration un jeudi soir. Le délai commence vendredi. Cinq jours ouvrés plus tard, en tenant compte du week-end, la limite tombe le jeudi suivant, et non le mardi. Si ce jeudi est férié, elle gagne un jour supplémentaire.
Que faire dans les premières heures : le constat amiable dégât des eaux
Dès la découverte d'une fuite impliquant un voisin, un propriétaire ou le syndic, il faut remplir un constat amiable dégât des eaux. Ce document standardisé, édité par France Assureurs, consigne les coordonnées de toutes les parties, la date, la cause présumée, la description des dégâts et la signature de chacun. Chaque partie repart avec son propre exemplaire.
Si vous n'avez pas le formulaire sous la main, un document manuscrit fait l'affaire à condition d'y faire figurer : coordonnées complètes des parties, date et heure de la découverte, localisation de l'origine (plafond, tuyauterie, appareil ménager), description des dégâts visibles et signature. Ce sera moins pratique pour l'assureur mais juridiquement recevable.
Trois précisions utiles :
- Si le sinistre ne touche que votre logement, sans aucun tiers impliqué, une simple déclaration à votre assureur suffit. Le constat amiable n'est pas obligatoire dans cette configuration.
- Le constat doit être transmis à chaque assureur concerné dans le délai de 5 jours ouvrés.
- Votre assureur peut le récupérer via votre espace client en ligne, par courrier recommandé ou en agence. Quelle que soit la voie choisie, conservez toujours une preuve de réception.
La convention IRSI : comment fonctionne l'indemnisation entre assureurs
Depuis le 1er juin 2018, la convention IRSI (Indemnisation et Recours des Sinistres Immeuble) a remplacé l'ancienne convention CIDRE. Il s'agit d'un accord entre compagnies d'assurance membres de France Assureurs, pas d'une loi : elle ne vous crée aucun droit nouveau et ne modifie pas l'étendue de vos garanties contractuelles. Elle s'applique aux dégâts des eaux en immeuble collectif dès lors qu'au moins deux compagnies sont impliquées.
Son intérêt pratique est réel : elle simplifie le règlement entre assureurs et évite les renvois interminables entre compagnies.
| Montant des dommages (par local sinistré) | Fonctionnement IRSI |
|---|---|
| Moins de 1 600 € HT | L'assureur gestionnaire prend tout en charge, sans recours contre l'assureur du responsable. Pas d'expertise obligatoire. |
| Entre 1 600 € HT et 5 000 € HT | L'assureur gestionnaire mandate un expert pour compte commun. Recours possible entre assureurs. |
| Au-delà de 5 000 € HT | La convention IRSI ne s'applique plus. Gestion en droit commun, délais allongés. |
Au-delà de 5 000 € HT, le dossier bascule en procédure classique : chaque assureur mandate son propre expert, les recours s'allongent. C'est dans ce cas que la qualité et la précision de votre déclaration initiale pèsent le plus lourd.
Deux cas concrets pour comprendre le délai et ses conséquences
Cas 1 : Karim, locataire, sinistre découvert un lundi matin. Karim rentre chez lui le lundi 3 mars et constate une tache sombre au plafond de sa salle de bain. Il identifie rapidement que la source vient de l'appartement du dessus. Le délai démarre le mardi 4 mars. Cinq jours ouvrés plus tard : la limite tombe le lundi 10 mars. Karim remplit le constat amiable avec son voisin le soir même du 3 mars, et le transmet à son assureur habitation par espace client le 4 mars. Les dommages sont estimés à 800 € HT : l'IRSI s'applique en tranche 1, un seul assureur gère tout, sans expertise formelle obligatoire.
Cas 2 : Isabelle, propriétaire, découverte tardive après absence. Isabelle revient de trois semaines à l'étranger le vendredi 14 février. Elle découvre que sa machine à laver a fui et a endommagé le sol de sa cuisine ainsi que le plafond du voisin du dessous. Les dégâts sont estimés à 3 500 € HT chez elle et 900 € HT chez son voisin. Son délai court du samedi 15 février (mais le week-end ne compte pas) : le premier jour ouvré est le lundi 17 février. Sa limite tombe le vendredi 21 février. Elle déclare le lundi 17 par téléphone et confirme par lettre recommandée le même jour. Le sinistre chez elle dépasse 1 600 € HT : tranche 2 de l'IRSI, un expert est mandaté. Chez son voisin, c'est la tranche 1. Isabelle conserve soigneusement les accusés de réception.
Déclaration tardive : quand risque-t-on vraiment de perdre l'indemnisation
C'est sans doute la question qui inquiète le plus. La réponse nuancée que la plupart des sites n'expliquent pas vraiment : la déchéance n'est pas automatique. Pour l'opposer à un assuré, l'assureur doit réunir deux conditions cumulatives, conformément à l'article L113-2 du Code des assurances :
- Une clause de déchéance doit être expressément prévue dans votre contrat.
- L'assureur doit démontrer que votre retard lui a causé un préjudice concret, par exemple l'impossibilité de mener une expertise contradictoire ou d'identifier la cause réelle.
Si votre assureur ne peut pas prouver ce préjudice réel, il ne peut pas refuser l'indemnisation au seul motif du retard. Par ailleurs, la déchéance est inopposable si un cas de force majeure ou un cas fortuit a rendu impossible la déclaration dans les délais : hospitalisation d'urgence, catastrophe naturelle, absence prolongée non prévisible.
En revanche, mentir délibérément sur la cause ou l'étendue du sinistre est une autre affaire : c'est une fausse déclaration intentionnelle, qui peut entraîner des conséquences bien plus graves sur le contrat.
La démarche complète pas à pas
Étape 1. Dès la découverte, coupez l'eau si la source est identifiée, photographiez tout (plafond, sol, mobilier, appareils), n'attendez pas.
Étape 2. Contactez votre voisin, propriétaire ou syndic pour remplir le constat amiable. Si personne n'est joignable immédiatement, envoyez-leur un message écrit traçable (SMS, mail) pour documenter la prise de contact.
Étape 3. Déclarez le sinistre à votre assureur dans les 5 jours ouvrés suivant la découverte. Privilégiez un canal qui génère un accusé de réception : espace client en ligne, lettre recommandée, mail avec confirmation. Joignez le constat amiable, vos photos et une description précise.
Étape 4. Conservez les biens endommagés jusqu'au passage de l'expert. Ne lancez aucun travaux définitifs sans son accord préalable : cela peut suffire à motiver un refus partiel de prise en charge.
Étape 5. Si l'assureur tarde à mandater un expert ou reste silencieux, relancez par écrit. En l'absence de réponse, une mise en demeure formelle est le levier adapté : retrouvez le modèle sur /demandes/mise-en-demeure.
En cas de refus. Si votre assureur refuse l'indemnisation en invoquant un retard de déclaration, demandez-lui par écrit de justifier le préjudice concret subi. À défaut de justification satisfaisante, saisissez le médiateur de l'assurance dont les coordonnées figurent obligatoirement dans votre contrat.
Pour réviser votre contrat d'assurance habitation ou en changer, consultez notre outil /resiliation/assurance-habitation.

Questions fréquentes
Quels justificatifs fournir pour déclarer un dégât des eaux à son assurance ? Le constat amiable signé par toutes les parties, des photos datées des dégâts, et si possible une facture ou un devis d'un plombier identifiant la cause. Pour les dommages mobiliers, conservez les objets détériorés ou photographiez-les avant tout nettoyage.
Que faire si mon voisin refuse de signer le constat amiable dégât des eaux ? Vous pouvez déclarer le sinistre seul, en joignant à votre déclaration un document décrivant les faits et mentionnant le refus de signer. Notez la tentative de contact par écrit (SMS, mail). Votre assureur prendra en charge la gestion, et pourra exercer un recours contre le responsable via son propre assureur.
Le délai de 5 jours ouvrés s'applique-t-il aussi au locataire et au propriétaire ? Oui. Chaque partie qui subit un dommage ou qui est à l'origine du sinistre doit déclarer à son propre assureur dans ce même délai. Un locataire déclare à son assurance multirisque habitation, le propriétaire à la sienne. Si vous êtes propriétaire non occupant, vous avez également cette obligation envers votre assureur PNO.
Peut-on résilier son assurance habitation après un dégât des eaux mal géré ? Oui. Après un an d'engagement, la loi Hamon vous permet de résilier votre contrat à tout moment, sans frais, avec prise d'effet un mois après notification. Un sinistre mal géré ou un désaccord sur l'indemnisation est une raison valable pour changer d'assureur. Utilisez notre outil /resiliation/assurance-habitation pour générer votre lettre.
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